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samedi 4 octobre 2025

SILENCE !

 Quel paradoxe que de s’hasarder à en parler

Alors que c’est ce discours même qui en est réprimé !

Parole de négation, de pure abstention

Mais alors, comment rendre raison ? S’il n’y a pas de discours, d’échange, de concertation ?

Ce n’est pas dans un silence poétique ou religieux

Les discours de Socrate, de Platon interrogent, font parler et pas que les vieux.

Contrairement à Descartes, qui prône une méthode vécue dans la solitude

Les méditations se font dans un lieu calme, isolé pour atteindre la béatitude

Alors qui es-tu ?

Toi que l’on n’entend plus ?

Absence de bruit et absence de quoi que ce soit, bruit et action liés dans leur manifestation

Faire silence, c’est s’abstenir de tout faire. Tout suspendre, la cessation de toute agitation.

Le silence ...

C’est l’absence.

Silence dans le repos et dans sa pleine présence à soi-même et tu es quiétude

Silence dans les projections des soucis et de faux possibles et tu es inquiétude.

Il est aussi soupir, pause, vide qui procure une plénitude sidérale

Quand à nos oreilles il est douce suspension dans un silence musical.

Le silence existe par ailleurs dans une certaine dualité

Voir une certaine opposition ou diversité.

Dans la nature accueillante il m’est apaisant

Pour certains au milieu de ces grands espaces il peut être effrayant.

Que serait un discours ou un texte sans ces silences, ces blancs ?

Charabia incompréhensible, inaudible, inexpressif, insignifiant.

Et pourtant l’absence de parole apporte du signifiant et est très parlant

C’est l’aposiopèse ou notre expression est comme en suspend. Qui ne dit mot consent !

Que dire d’un silence méprisant qui en dit plus long dans la communication

Que tout un discours distribué sans interruptions.

Pourtant c’est la parole qui accorde une valeur au silence qui s’impose

Philosopher c’est se dégager des mots pour aller aux choses.


A l’heure du profond minuit, Zarathoustra proclame : « Silence ! Silence ! On peut entendre maintes choses qui n’ont pas le droit de se faire entendre de jour » Nietzsche.



dimanche 12 mars 2023

SONGERIE SPECULATIVE


Il y eu un virus, puis une pandémie et les personnes se trouvèrent chez eux confinées

Au début ils furent pris au dépourvus mais apprirent par l’ampleur des événements à écouter

Beaucoup pensèrent que ce serait l’histoire d’une petite "grippette" de passage, anodine

Mais il fallut se rendre à l’évidence, toute l’activité économique allait se mettre en sourdine

Certains se reposèrent, d’autres préférèrent s’abrutir devant leur télé ou jouèrent sur leur console

D’autres décidèrent de se mettre au sport afin de se donner l’illusion de sortir de leur camisole

Du temps à égrener, ils en eurent tant qu’ils l’utilisèrent pour leur développement personnel

Beaucoup se mirent à ressortir leurs livres, La Peste de Camus , mais aussi Spinoza ou Nietzsche pour les plus intellectuels

Quelques-uns se lancèrent dans la méditation alors que les plus fervents prièrent

D’autres préférèrent se tourner dans les arts, ressortirent pinceaux et stylos et dessinèrent ou peignèrent

Ce fut une période pas toujours facile car dans l’isolement on retrouvait son ombre qu’on ne voyait pas

Et il y eut un moment d’introspection, de profonde réflexion, un vrai retour sur soi

Ces recueillements firent que les gens pensèrent différemment

La guérison s’amorçait et donnait une bonne voie au relèvement

L’homme apprit dans sa solitude que l’enfer ce n’est pas les autres mais son moi pris dans son orgueil et son ressentiment

Il eut juste fallu ôter du pouvoir les mauvais pensants, les spéculateurs

Tous ceux qui avaient perdu avec leur âme, leur raison et leur cœur

La Terre se mit à se guérir en l’absence des activités humaines

La pollution de l’air, des sols ou de l’eau ne fut plus qu’un épiphénomène

La nature reprit ses droits alors que les hommes commencèrent à se retrouver

Non pas pour faire la fête malheureusement mais pour pleurer leurs morts et prier

Ces événements dramatiques impliquèrent une nouvelle orientation,

Des projets en adéquation avec la communauté conduite par la raison

La vie n’était plus dictée par des indices ni par la surconsommation

Il y eu une nouvelle façon de vivre ensemble avec de sages résolutions

La terre fut guérie de ces vices et de ces virus, de cette société mondaine

La Terre a retrouvé sa nature d’Eden




dimanche 5 mars 2023

OBSERVE CE MUTISME


Observe ce curieux mutisme

Mais ne prend pas mal cette infirmité

Je ne sais juste pas parler avec loquacité

Tout cela à cause d’une impitoyable carence

Ou tout simplement une vulgaire ignorance

Alors ne la prend pas pour du nietzschéisme

 

Observe juste cet étrange mutisme

Qui dévoile un patient cheminement

A travers tous ces tourments

Rencontrés sur ces chemins noirs

Sans amour, sans belles histoires

Sans même verser dans le romantisme

 

Observe ce déraisonnable mutisme

Qui cache cette furieuse colère intérieure

Telle une tempête venant des profondeurs

Qui ne cherche qu’à se libérer

Pour pouvoir enfin se détacher

Et se soustraire à cet hermétisme

 

Observe ce saugrenu mutisme

Et ressens cette agitation bruyante de cette absence

Où il n’y a plus de mots assez puissants pour ces silences

Tous mes sens en une ultime phrase ont été anéantis

Même tes si doux baisers sont perdus dans l’oubli

Je vis la tragédie au larmoyant pathétisme

 

Observe ce pitoyable mutisme

Vois ce qu’un départ cause comme dégâts

Et crée comme confusion. Un vrai fatras

Tout cela pour tenter de tourner la page

Et éviter tout cet inutile tapage

Même un cœur de pierre vit son traumatisme




samedi 30 avril 2022

MORALE NIETZSCHEENNE


Par-delà le bien et le mal

Quelle est l’origine de la morale ?

S’il y a une idée, elle est le fruit de quelque chose, elle vient bien de quelque part

La morale nous raconte donc bien une histoire

Il y a une généalogie dans cette progression

Avec un commencement et comme bien souvent c’est la religion

Monde avec un au-delà de celui qu’on vit ici

Un monde intelligible, un monde où existe ce fameux paradis

C’est plutôt dualiste dans l’approche, d’un côté on a un monde des sens, un monde matériel

De l’autre, un monde divin, un monde spirituel

Rejet du monde d’ici-bas avec ces épreuves, ces pêchers, ces difficultés

Comme si ce ressentiment l’avait condamné

Pourtant la vie qu’on vit, celle qui est vécue, c’est quoi si ce n’est un terrain d’affrontement ?

Ce sont des forces qui s’attirent, qui s’opposent, qui s’enchevêtrent, il y a un rapport de force permanent

Dans un monde qui privilégie les forts au détriment des faibles, monde de conflits

Il existe une stratégie pour s’en protéger. Créer des sanctions, des peurs, des interdits

La morale dit tu peux faire cela mais tu ne dois pas faire ceci

Ta vie est remplie de limites et d’interdits par l’existence d’autrui

Parce que cet autre est un autre à respecter dans sa dignité, dans sa vie

Je réprime alors mon animalité, mes instincts de survie

La morale, la religion sont des moyens de coexistence sociale

Fixer des limites, créer un code de conduite, vivre dans la notion de bien et de mal

Valoriser toutes les bonnes actions, ce qui est bien, ce qui est bon, ce qui est vertueux

Et dévaloriser, voir condamner, juger en jouant sur la culpabilité ce qui est mal, vicieux

Ainsi le faible dans ce règlement contrôle la force du fort et l’empêche de l’exprimer

Le faible est devenu le bon qui édicte les règles de morale de coexistence, de bonté

Les valeurs sont inversées et si tu appelles à la force tu n’es pas légitime

Le collectif a ôté l’élan vital, ce souffle qui coule dans la part de l’animal de l’homme magnanime

"Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font" et tu te retrouves cloué sur la croix

Glorifier, canoniser l’impuissance, mettre fin à son élan vital, voilà le choix

Alors que la valeur suprême serait cette volonté de puissance

Le bien, le mal ne sont pas des principes absolus, juste des valeurs humaines bénéficiaires d’une survivance

Sanctionner un homme par ces critères c’est aller à l’encontre de l’essence même de l’être humain par un certain protectionnisme

C’est rejeter sa vitalité, c’est du nihilisme

Il n’y a pas de bien ou de mal, tout cela est subjectif, variable, changeant

La valeur est sa force, sa volonté de puissance, l’action dans l’exaltation de son élan

Le faible malheureusement nie l’autre pour exister, il est dans le ressentiment, les forces mortifères

L’hypocrisie règne, la rancune et bien d’autres maux sont présents pour partir dans sa guerre

Frustré, il a un grand besoin de s’affirmer, avoir la plus grande … est un jeu

Cette morale d’esclave en fait sa faiblesse de l’homme jaloux de cet autre, envieux

Alors que le fort n’en a que faire, il n’est pas dans un rapport de réaction

Pas le besoin de prouver quoi que ce soit, le fort ne joue pas un rôle, il s’affirme de par sa position

Le surhomme se fout des jugements des autres, il n’est pas en réaction

Il assume le conflit dans une vie consciente entre destruction et construction

Il accepte la vie

Et elle joue avec lui.




samedi 22 janvier 2022

DOUTE


Rejeter le doute et la critique, sans caricaturer les certitudes inébranlables du dogmatisme

Connaitre avec certitude la vérité d’un croyant est plutôt faire preuve d’un bel optimisme

Si je doute quand mon esprit s’interroge, suis-je un sceptique ?

La voie présentée restant par essence dans l’ignorance est-elle avant tout critique ?

 

Couper court à son jugement au lieu de partir dans le monde des illusions

Obtenir une certaine accalmie, tranquillité d’âme par cette suspension

Ce n’est pas que la connaissance soit inaccessible mais il y a une certaine prudence avant d’affirmer

Eviter de parler de ce qui peut être inconnaissable par peur de se tromper

 

Avant d’être homme nous avons tous été des enfants plus remplis de préjugés que de raison

Des idées qu’on pensait nôtre alors qu’elles sont inculquées par un système, une éducation

Mais si tout est incertain c’est ta propre tête qui tourne en rond à se poser ces questions

Cela semble pourtant être une affirmation !

 

Douter permet de remettre en cause ce que l’on tenait pour faux mais aussi pour vrai

C’est un outil de découverte pour que quelque chose d’incertain, de douteux devienne plus vrai

Il faudrait tenir pour vrai ce qui est "clair et distinct" d’après Descartes, donc pas de précipitation

Douter de cet extérieur qui n’est que tromperie de nos sens, c’est la question

 

Ce "doute est-il le sel de l’esprit“ si on s’aperçoit que l’on a été trompé ?

C’est une violence qui nous est faite, c’est un doute forcé

C’est un doute de faiblesse, c’est un regret d’avoir cru et une confiance trompée

Un doute volontairement infligé à soi-même pour aboutir à la vérité

 

Pour penser, et ne pas douter que je suis en train de douter il faut que j’existe! Oui!

"je pense donc je suis"

Quelqu’un me suis ?

Ou je vous dis bonne nuit ?




dimanche 9 janvier 2022

VIRUS ET APRES ?


C’est une toute petite chose invisible qui nous empoisonne la vie

Provoque une multitude de déséquilibres jusqu’à ce qu’on la déclare maladie

Une fois contractée, nous avons bien tous les troubles physiologiques

Mais aussi tous ces fielleux désordres en sourdines qui sont du domaine psychologique

Son principe de contagiosité le rend transmissible et toujours plus menaçant

Prêt à apparaître de nouveau sous une nouvelle forme inconnue et un visage plus terrifiant

Il est la représentation du mal, invisible, parasite à forme latente ou active mais toujours présent

A-t-il une expérience à donner à la raison humaine qui cherche un sens, un enseignement ?

Sa transmissibilité, l’échange au sein de l’immense collectif, de la communauté

Montre que cette petite chose a une réalité sociale, il engage un "nous" dans cette société

Faut-il repenser le lien social ou sa défection ?

Doit-on prévoir une réponse structurelle par rapport à toutes ces perturbations ?

L’expérience de cette petite chose révèle notre condition d’homme nu

Qui nous engage en tant que membre de la communauté mais aussi comme individu

Claude Bernard nous dit qu’être malade c’est pour l’homme vivre une autre vie

On respire, puis on s’enrhume, puis on est entravé, empêché, c’est la maladie

Cette petite chose nous diminue et nous enlève certaines fonctions

Elle relève de l’expérience vécue, de ce qui nous arrive, un ressenti, une perception

Et peut apporter un certain apprentissage par une prise de conscience

Il y a rupture entre l’état d’avant par le déséquilibre venu de cette expérience

Cette petite chose révèle notre propre impuissance, notre part de vulnérabilité

Leçon de finitude par cette petite chose qui vit entre nous bien caché

Cette petite chose apparaît avec ses symptômes (ce qui vient avec) mais on ne le voit pas

Pourtant, on tousse, on éternue, on a des sueurs, des rougeurs, mais il est bel et bien là

L’objet virus ne peut pas être porté pour autant à ma conscience

N’étant pas donné à ma perception de cette pauvre petite chose pleine d’innocence

Mais s’il y a des symptômes c’est que le mal était déjà là dans ce lieu

Le malade est porteur de son mal, mal physique, mal moral. Job éprouve sa foi, appelle ton Dieu !

Contagieux, cette petite chose est objet d’échange social et se plait à se transmettre, à perpétuer

Notre intérieur, s’ouvre à l’extérieur, l’ouverture est partout à tout corps étranger

C’est ce qui crée cette peur, cette angoisse mondialisée

Une peur sans objet visible mais liée à ma liberté

Naissance de la phobie du contact, de nouvelles normes de distanciation sociale

De mesures barrières, pour isoler ce corps de tous contacts d’un rapproché trop animal

Cette petite chose met à distance et peut risquer la rupture pour une société

Perte de liens, de contacts, manquerait plus qu’il y ait un virus informatique pour nous menacer

Chacun chez soi, maintenir le Je à distance d’autrui comme protection

Il faut tenir la barre pour éviter l’éviction

Mettons notre préservatif pour protéger la chose sensible!

Contrainte censée se faire oublier tout en rassurant est-ce possible ?

Après le temps de la peur, de la sidération, de la maladie, il y a la convalescence

Et suite à cet apprentissage progressif, retour chez l’humain de sa puissance

Expérience d’un vainqueur comme chez Nietzche : "Je m’en suis tiré"

Dans une société culpabilisatrice cela ne se fera pas sans légèreté

Difficile de se réjouir après une énième vague à part expier notre survie

Le pire est toujours à venir dans une société décadente, et fatiguée. C'est la tragédie de la vie !




samedi 30 octobre 2021

LE TEMPS

Le temps c’est un moment, un instant

Une durée divisée ressentie comme un changement

Le temps c’est quand vient le passé car il n’y a plus de présent

C’est le terrain où se succède différents évènements

Mais on ne peut s’y soustraire, c’est la coque de notre existence

L’homme est cette chose perdue dans cette infinie présence

Qui lui montre sa plus belle impuissance

Direction irréversible, parfois fugace, parfois nonchalante dans son innocence

De sa mémoire affective, l’homme peut se ressouvenir du passé

Se le réapproprier sans jamais retrouver ce qu’il était vraiment, c’est un passé réinterprété

Pour Bergson, le temps peut être objectif, mesuré avec sa montre en une mesure universelle

Et il peut être subjectif par la conscience, nos pensées, nos sentiments et nos représentations intemporelles

Saint-Augustin dit qu’on ne peut l’expliquer, le présent étant déjà passé

Le temps est inexplicable et s’il s’explique c’est qu’il est statique donc éternité

Pour Pascal, seul l’avenir est notre fin et l’homme cherche à s’en extraire

Par le divertissement afin d’éviter le face à face avec soi-même, quelle misère !

Et mon ami Nietzche parle du cercle de l’Eternel Retour dans sa relation au temps

Enigmatique voir cosmique révélation philosophique de l’expérience de l’instant

Ou l’homme apprend dans cet instant de retour, qu’il était autre que maintenant

Tout est changement, éternel recommencement






vendredi 1 octobre 2021

SILENCE


Silence dans le repos et dans sa pleine présence à soi-même et tu es quiétude

Silence dans les projections des soucis et de faux possibles et tu es inquiétude

Il est aussi soupir, pause, vide qui procure une plénitude sidérale

Quand à nos oreilles il est douce suspension dans un silence musical

Le silence existe par ailleurs dans une certaine dualité

Voir une certaine opposition ou diversité

Dans la nature accueillante il m’est apaisant

Pour certains au milieu de ces grands espaces il peut être effrayant

Que serait un discours ou un texte sans ces silences, ces blancs ?

Charabia incompréhensible, inaudible, inexpressif, insignifiant

Et pourtant l’absence de parole apporte du signifiant et est très parlant

C’est l’aposiopèse ou notre expression est comme en suspend. Qui ne dit mot consent !

Que dire d’un silence méprisant qui en dit plus long dans la communication

Que tout un discours distribué sans interruptions.

Pourtant c’est la parole qui accorde une valeur au silence qui s’impose

Philosopher c’est se dégager des mots pour aller aux choses


A l’heure du profond minuit, Zarathoustra proclame : « Silence ! Silence ! On peut entendre maintes choses qui n’ont pas le droit de se faire entendre de jour » Nietzsche.






J'AIMERAIS (le) POUVOIR

  J’aimerais pouvoir croire que tu sois là Pas très loin, tout près de moi A te lover tel un cobra Prête à te blottir dans mes bras J’aimera...

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