C’est le moment, il faut que tu décroches,
Godillots aux pieds, couteau dans la poche,
Veste chaude, chemise et sac à dos vissé sur les épaules,
Avec cahier, jumelles, gamelle et flasque remplie de gnole.
C’est comme un instant qui est tellement vécu,
Mais toujours aussi déroutant, inattendu.
L’entrée dans les bois t’apportera une nouvelle perception,
Apaisera ton intellect qui gagnera en saine compréhension.
Parcelle d’un univers noyé de matière animée,
Mais aussi de force immatérielle éveillée.
Chaque partie, chaque composante est constellée d’indices.
Cette création corporelle repose sur un équilibre propice,
Un parfait agencement parfois énigmatique,
Qui t’emmène dans un ésotérisme fantastique.
Toutes les espèces présentes, végétales, animales possèdent au fond d’elles,
Ce mystère occulte provenant d’une origine commune et éternelle.
Toutes les parties de ce macro-microcosme qui feraient rêver un Pythagore,
Est un système dans lequel tout collabore.
Ainsi le moindre signe, tel l’écho d’une goutte d’eau ou le vol d’un geai apeuré,
Tel le bruissement du vent dans les feuilles gentiment chatouillées,
Tel le glissement du lézard réveillé sur sa pierre réchauffée,
Tel le chevreuil apeuré qui d’un bond va devant toi décamper,
Tout est discours du grand ordonnancement que transmet Dame Nature
Pour les êtres en quête de sens, à l’esprit éclairé, sans forfaiture.
Hélas le citadin lambda n’est qu’un vulgaire androïde, baigné de bêtises,
Asservi par son appétit à ces mesquines convoitises,
Accablé par ces fantaisistes tentations et son vil esprit de consommation,
Esclave de ses règlements, de ses conventions, de son catéchisme et de ses institutions
Surhomme réveille-toi ! Retourne dans les bois
Reprends-toi ... Bon ben ma foi, … Bois !