samedi 29 mai 2021

MOTS D’OISEAUX


Au chant du coq, avec mon café je casse une petite graine. Je reste le bec dans l’eau à la lecture du canard fort déchainée. Dans une dépêche, le corbeau qui n’est pas une buse a encore frappé de sa plume.

On ne sait toujours pas qui croasse même si tout le village jacasse à l’unisson comme une pie. C’est un cygne des temps, de cette décadence. Même dans un petit village il y a toujours des canards en col blanc qui émergent au milieu des colverts.

Quand est-ce qu’on saura-qui est ce vieil hibou ? Quand les poules auront des dents ?

En tout cas, ce n’est pas l’hirondelle qui fait le printemps.

Ce que l’on sait, c’est que l’agresseur dénommé "le pic cœur de vieilles dindes" rode toujours. Pour rappel, on le décrit comme étant un drôle de moineau marchant comme un canard, maigre comme un coucou, avec des jambes de coq et des yeux de hiboux. Est-ce un faucon pour autant ?

Comme on dit, faute de grives, on mange des merles, et bien notre homme aurait à défaut d’une énième vieille chouette, changé ses habitudes et pris une nouvelle victime.

Il aurait abusé d’une blanche colombe qui faisait le pied de grue dans un bar. Elle se voyait déjà roucouler devant son joli coq, Martin l’pécheur, son roitelet à s’aimer comme deux tourtereaux. Elle se sentait pousser des ailes à croire n’importe quoi, comme le gobemouche. Désolé de passer du coq à l’âne, mais le temps faisan son œuvre, il lui avait posé un lapin. Elle était fort déçue, tombait du nid.

Dans ce bar un peu bruant, son voisin de comptoir la consolait. Le geai paré des plumes de paon l’a fait boire plus que de raison. Héron comme une queue de pelle, saoule comme une grive, elle avait pris un sacré coup dans l’aile. Selon les enquêteurs, elle aurait été rouge comme un coq dans sa robe jaune serin à expliquer les méfaits qu’elle aurait subie.

La cocotte était devenue le pigeon d’une triste affaire. Elle était tombée dans un sordide guépier.

Le miroir aux alouettes était en place. L’oiseau de mauvais augure a commencé par des baisers d’oiseau à sa petite poule de luxe, sa petite caille, puis il l’aurait traité de sale petite grue, de bécasse qui prendrait des coups de martinet. Prise au piège, il lui a demandé de chanter comme le rossignol une jolie chanson, mais elle poussait des cris de paon et d’orfraie, il lui chantait à son tour alouette je te plumerai. Elle tentait pourtant de se défendre bec et ongles. Elle voulait s’enfuir comme une volée de perdreaux, mais il l’avait dans ses serres. Il s’est fait vautour. Il a sorti son petit oiseau, il a trouvé et fait son nid puis le sale oiseau s’est envolé, la laissant seule sur le bord de la route comme un oiseau sur la branche, inexpressive, prostrée.

Elle y aura laissé des plumes de cette histoire. Elle répète sans cesse comme un perroquet des choses inintelligibles. Devenue une tête de linotte, elle ne sera plus jamais gaie comme un pinson.

Malheureusement l’agresseur vole toujours. Pour ça, c’est un fin merle au regard d’aigle pour ne pas se faire prendre dans les serres des poulets qui peu à peu tentent de resserrer leurs filets.

A moins que ces poulets ne fassent l’autruche n’ayant pas assez d’éléments concordants.

J’espère que l’enquête avancera et qu’ils n’attendent pas que les alouettes leurs tombent toutes rôties. On ne peut pas faire du bouillon de poule avec des fientes de poulets.

Reste un énième désastre, une oie blanche a encore été le dindon de la farce. Souhaitons que la cigogne ne passe par là d’ici quelques mois. Et dites que le piaf n’est toujours pas en cage. Voilà le triste chant du cygne !



samedi 22 mai 2021

GRISAILLE A L’ÂME

C’est le genre de virée nocturne fatale

Quand le sentiment d’abandon et de douleur serre ton cœur

Et que ton pauvre cerveau se colore de noirceur

Te revoilà dans les hauts et les bas d’une vie qui fait mal

 

Solitaire dans la solitude du noir de la nuit

Sans bruit je hurle mon affliction étouffée

Bravant cet invisible ennemi qui marche à pas feutrés

Pour sortir fier de cette affaire sans avoir fui

 

Et puis survient encore la survivance de nos corps enlacés

Allongés entre instants de somnolence et de succulence

Mélange de frénésie et de chaleureuse présence

Où l’union des sens efface la dualité d’une réalité

 

Mais dans le soir sans lune, tu restes seul

Même la pluie ne peut effacer ce passé

Qui tambourine et que t’essaies de cacher

En couchant ces mots sur papier en guise de linceul





samedi 15 mai 2021

HETRE OU NE PAS ETRE ?

Il y a bien longtemps, je fus un gland. Et puis j’ai grandi, forci du tronc.

On me nomme Quercus robur, le roi des forêts ! Mais le roi est saule et pleure ce soir.

Séquoia le problème ? Et bien je sens un certain mélèze dans notre société actuelle.

On m’a éduqué dans un monde houx on serait tous frêne. Mais ce monde n’est que violence, forêt désenchantée !

Pas besoin de regarder de cyprès la TV ni changer de chêne, ou de faire semblant d’être dur de la feuille.

On entend encore des slogans du genre les érables dehors, alors qu’ils furent accueillis presque branches ouvertes parce qu’on ne voulait pas d’un certain bouleau.

J’en tremble de voir des jeunes taper du flic peau d’ébène ou pas.

C’est pourtant la même sève qui coule dans notre corps. Nous sommes tous issu de la même souche.

Nos racines plongent dans la Mère Terre.

Thuya vu que du feu à cette violence qui s’est installée doucement.

Je ne manque pas de souplesse, mais ça ne me fait pas peuplier de rire tout ça.

Les ormes de ce pays sont-ils vraiment dans un monde d’égalité, de fraternité, de liberté ?

Avons-nous pécher pour en arriver là ? Sommes-nous trompés de clé de saule sur la partition de la vie ?

Peut-être suis-je trop noyer par ces questions qui me taraudent comme le capricorne ?

Mais je n’aime pas être pris pour une pomme et encore moins pour un gland, j’ai grandi depuis !

Et ce n’est pas pour autant que je ferais le poirier, je suis bien trop ancré par mes racines.

C’est juste que ça me casse les noisettes !

En tout cas, je ne mange pas de ce pin là et préfère rester sous le charme simple mais réel de mère nature.

Nous avons encore le choix de pouvoir changer ce monde. Comme on la fait entre la tétine et le téton avant que ça ne s’achève entre le chêne ou le sapin !

Brisons un peu nos chênes vieille branche !

If suffit, il y en a assez ce soir, il est l’heure d’aller boire mon tilleul. Je vous laisse avec mon ami Sénèque :

« Seul l'arbre qui a subi les assauts du vent est vraiment vigoureux, car c'est dans cette lutte que ses racines, mises à l'épreuve, se fortifient »



J'AIMERAIS (le) POUVOIR

  J’aimerais pouvoir croire que tu sois là Pas très loin, tout près de moi A te lover tel un cobra Prête à te blottir dans mes bras J’aimera...

Ceux que vous semblez le plus apprécier